
Plouf, plouf, la vie parfois fait plouf.
Ouais et bientôt, plongeon dans l’inconnu. Dans l’adultité, concept aussi étrange, nouveau et mystérieux que son nom (me dit pas qu’il existe pas, le mot, je viens de l’inventer, donc il peut pas encore être dans le dictionnaire là tout de suite, nan mais tu réfléchis un peu des fois, oui ?). Bref, bref. Le problème, donc, c’est que je sais pas plonger (sauf faire la bombe et ça fait sshplouuuf et c’est pas gracieux du tout). Le problème, c’est qu’on dirait que y a un con (si vous savez qui c'est, je vous encourage vivement à la délation) qu’a foutu ma vie en avance rapide et j’arrive pas à mettre sur pause, ni même à ralentir, je trouve pas le bouton, c’est peut être le petit bleu en haut à gauche mais j’ose pas essayer. En tout cas là si ça continue à s’accélérer bientôt je vais passer le mur du son. Imagine, le bac, la fac, la majorité, le permis, la carte bleue, et…pouce ! Stop, on arrête, je joue plus.
Grandir c’est nul.
Si, si. Ben si tu me crois pas, regarde ma petite cousine. Suffit qu’elle dise « pppaaaaa…pp..paah », et les gens, tous les gens, s’exclament, s’esclaffent, s’extasient et autres verbes en ex tout à fait pathétiques. Genre cette gamine c’est la 7e merveille du monde, c’est un génie précoce qui parvient à dire « papa » à 1 an, c’est beau c’est sublime c’est émouvant on en pleurerait. Nan mais jte jure. Crois pas que je suis jalouse, einh. Pas du tout. Mais c’est juste que moi, avec juste, juste une quinzaine d’année de plus, une toute petite grosse quinzaine de rien du tout, moi je peux toujours décréter que la catharsis aristotélicienne permet de concilier les pulsions freudiennes du ça avec la beauté adhérente kantienne purgée par la tragédie de Sophocle, ben tout le monde s’en fout. Plouf. Genre bide magistral, tu vois. D’un certain côté c’est juste que les gens, ben ils sont cons. Et ça c’est de notoriété publique de toute façon.
Mais quand même.
Ouais, j’avoue, cet article est très régressif. Mais je suis en mode « pas envie de grandir » intensif, là. D’abord parce que les grandes personnes elles sont nulles. Nan, sérieux. Bon, elles ont des petits problèmes avec les chapeaux et les boas et les éléphants, ouverts, fermés, tout ça, mais bon on leur passe ce petit défaut parce qu’il faut bien considérer le monde des adultes avec un peu d’indulgence...Après tout on a notre part de responsabilité là dedans: si on avait su élever mieux nos parents, le monde ne serait pas là où il en est aujourd’hui.
Mais les grandes personnes, elles me pètent les couilles, elles comprennent rien. Je crois que passé 25 ans, t'arrives plus à prendre du plaisir à souffler sur les pissenlits, tu sais, les pissenlits tout blancs, quand ça fait sssshhhphphph! et qu'y a des petits grains de nuage partout après. Ils oublient aussi ce que ça fait de se blottir dans son lit bien au chaud à l'abri quand y a de l'orage. Ils se souviennent plus qu'on peut s'amuser, parfois, ni même comment on fait. Quand ils sourient, c'est un exercice musculaire qu'ils s'efforcent de pratiquer pour éviter les rhumatismes au zigomatiques.
Bref: ne grandissez pas, vivez!

2 Comments:
Je trouve la fin trop défetiste, ceux qui font cet effort insurmontable pour sourir ont perdu leur vrai nature, mais pas tous.
Suis pas forcément d'accord avec ta formulation : à mon sens, grandir ne pose pas de problème - bien au contraire ? -. Le seul vrai problème, c'est vieillir...
Etre dans sa tête un vieux con qui n'aime plus souffler sur les pissenlits, etc.
Et des comme ça, j'en connais de 15 ans. Tout comme je connais des vrais vivants (pour pas dire "bons vivants", sinon on va encore me dire que j'émets un jugement de valeur)de 80 ans!
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