Saturday, May 27, 2006


Couleur moche qui va bien avec l'article.
A moins d'un an des élections présidentielles, la concourrence semble bien se jouer principalement entre une extrême droite toujours plus puissante et une droite décomplexée qui cherche à séduire la frange la plus xhénophobe de l'électorat français. Dépossédée de son thème de prédilection, l'immigration, par un Sarko toujours plus démagogue, supplanté par ce dernier sur le terrain des slogans simplistes et de la rhétorique populiste, Le Pen se livre à une surenchère désespérée qui donne lieu à des dérives toujours plus importantes.

Ainsi le président du FN profite des récents meurtres d'enfants pour réclamer le rétablissement de la peine de mort, rouvrant ainsi un dangereux et douloureux débat, qui, rapellons-le, semblait définitivement clos depuis 1981. Le Pen feint, comme toujours, d'apporter une solution miracle à la psychose sécuritaire ambiante, alors qu'on sait très bien que l'existence ou non de la peine capitale dans la législation d'un pays n'a aucune incidence sur son taux de criminalité. Cette proposition, qui n'a dans le fond rien de surprenant (27 propositions de loi visant à rétablir la peine de mort ont été déposées entre 84 et 95 par des députés d'extrême droite), a été cette fois jugée "intéressante" par un certain nombre de députés de la droite parlementaire (Madelin, etc). Ce vieux démon de la droite française est pourtant plus choquant que jamais quelques mois après l'affaire Outreau, une des plus grosses erreurs du système judiciaire dans l'histoire de la 5e République.

Mais Sarkozy a une image de marque à honorer, celle de premier flic de France, et il n'entend pas se laisser distancer dans cette course au plus sécuritaire. Sans se soucier aucunement de préserver les libertés les plus élémentaires, il défend l'abandon du principe de non-rétoactivité pour les délinquants sexuels et prépare un projet de loi "de prévention à la délinquance". Détection des déliquants dès 3 ans, remise en cause du droit des mineurs face à la justice ("présentation immédiate" des 16-18 ans au tribunal pour enfants), remise en cause du statut professionnel des travailleurs sociaux, possibilité pour les maires de mettre sous tutelle des prestations sociales, de "rappeler à l'ordre" certaines familles en leur imposant un stage de responsabilité parentale, etc: ce sont les droits fondamentaux du citoyen qui sont touchés, sous couvert d'une idéologie totalement réactionnaire...
En centrant la campagne présidentielle sur les thèmes du tout-sécuritaire, de la répression et de l'immigration, Sarko espère disqualifier la gauche. Celle-ci fera-telle les mêmes erreurs qu'en 2002?
En tout cas une chose est sûre: comme notre cher ministre de l'Intérieur l'a déclaré, "l'extrême droite n'a pas le monopole du mot patrie". Ni de la démagogie. Fils de pute. Connard. Enculé de ta mère, salaud, putain. Ah, si SEULEMENT on avait pu détecter dès tes 3 ans ta tendance à la xénophobie, au racisme et à l'opportunisme!

2 Comments:

Anonymous Cesam said...

Et Ségolène propose le rétablissement du service militaire pour lutter contre la délinquance, à coté d'autres mesures bien sympathiques.

J'espere que les filles y seront aussi astreintes, elles sont si jolies en uniformes ;-)

5:58 AM  
Blogger EveR said...

mdr de toute façon la gauche AUSSI rentre dans les mêmes pièges qu'en 2002. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, y a du souci à se faire...
Espérons juste qu'on se rapellera avant les élections que "nous sommes, nous sommes, la patrie des droits de l'homme..."

8:48 AM  

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